Déclaration du Canada au Conseil de sécurité sur la situation en Ukraine
Le 4 décembre 2024 – New York (New York)
Déclaration présentée par son excellence l’ambassadeur Bob Rae, représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies au Conseil de sécurité de l’ONU
Madame la présidente,
Je remercie nos intervenants pour leurs remarques perspicaces.
Je commencerai par réaffirmer le soutien indéfectible du Canada à l'Ukraine, conformément à son droit inhérent à se défendre, tel qu'il est inscrit dans la Charte des Nations Unies. Notre réunion d'aujourd'hui met en lumière une menace profonde pour l'avenir de l'Ukraine, pour ses enfants.
Je tiens également à dire que l'histoire du Canada nous a appris les terribles conséquences de l'enlèvement d'enfants à leur famille, que ce soit pour les envoyer dans des pensionnats ou pour les faire adopter. Cela fait partie de notre propre histoire, dont nous essayons de tirer les leçons et dont nous nous remettons encore. Car le traumatisme de ces événements est toujours présent.
Il y a 150 ans, l'objectif de la politique de l'époque était décrit comme la nécessité de retirer l'Indien de l'enfant. Ne commettons pas l'erreur d'essayer de retirer l'Ukrainien de l'enfant. Les enfants ont droit à leur identité, à leur langue, à leur culture - ils ont le droit d'être chez eux.
Comme l'a indiqué le secrétaire général, la Russie a exposé les enfants ukrainiens aux six violations graves de son invasion, et nombre d'entre eux ont été contraints de fuir leurs foyers sous la menace constante d'attaques. La Russie a exploité cette situation pour déporter et transférer illégalement des milliers d'enfants ukrainiens en Russie, prétendument pour les « protéger ».
Comme nous l'a dit aujourd'hui la Yale School of Public Health, les actions illégales de la Russie à l'égard des enfants ukrainiens ont été organisées au plus haut niveau.
Le rapport fournit des preuves supplémentaires pour les poursuites engagées par la Cour pénale internationale contre le président Poutine et la commissaire russe aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova, pour le crime de guerre de déportation et de transfert illégaux de population.
Il montre que des centaines d'enfants ukrainiens ont été placés dans le cadre du programme systématique russe d'adoption et de placement familial forcés.
Ce rapport n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le Canada a connaissance d'information selon laquelle des milliers d'autres enfants ukrainiens pourraient être touchés, soumis à des camps de rééducation et même contraints de prendre de nouveaux noms russifiés.
Madame la présidente,
Au mois d'octobre dernier, le Canada, la Norvège et l'Ukraine ont accueilli à Montréal une conférence ministérielle sur la dimension humaine de la formule de paix de l'Ukraine.
Mon premier ministre a accueilli 73 États d'Afrique, d'Asie, d'Europe, du Moyen-Orient et d'Amérique latine, de même que des organisations internationales, afin de trouver des moyens concrets de rapatrier tous les prisonniers de guerre, les civils illégalement détenus et les enfants illégalement déportés ou transférés de force.
54 États ont approuvé l'Engagement de Montréal, lancé lors de la conférence. C’est un engagement commun en faveur d'une action collective visant à partager les renseignements sur les détenus, à garantir des libérations légales et à maintenir un traitement humain, y compris lorsque ces personnes retournent dans leurs communautés et sont confrontées aux conséquences de cette guerre tout au long de leur vie.
Monsieur le président,
La formule de paix de l'Ukraine repose sur les principes clés du respect de la charte des Nations Unies et de l'application du droit international. Sans ces principes clés et sans l'engagement de toutes les parties, il ne sera pas possible de parvenir à une paix juste, durable et viable pour l'Ukraine.
Outre la résolution du conflit entre deux pays, nous devons nous souvenir des conséquences humaines de ce conflit vraiment terrible.
Il s'agit également de ceux qui ont le plus souffert de cette guerre inutile, de cette guerre de choix, de cette guerre au coût et à la tragédie si énormes. Il s'agit des enfants. Tout accord de paix en Ukraine qui n'adhérerait pas à la charte des Nations Unies et au droit international aurait pour effet d'effacer ses victimes et aurait de graves répercussions sur la paix et la sécurité internationales dans tous les coins du monde.
Le Canada reste déterminé à travailler avec l'Ukraine et avec tous les États membres pour atteindre les objectifs de paix, de réconciliation, de justice et, surtout, pour faire ce qu'il faut pour les enfants.
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